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.Sa peau ensoleillée était à l’image de son caractère : chaleureux et souriant.C’était une très grosse femme, douce et généreuse, qui avait veillé le petit Matt pendant des années, le soir, quand les parents ne pouvaient rentrer tôt.Matt en gardait des souvenirs agréables mais il aspirait désormais à plus de liberté.Et s’il conservait pour Maât une certaine tendresse, il devait bien avouer que cette célibataire endurcie l’agaçait à présent avec toutes ses petites attentions.En définitive, il put profiter de ces trois jours en solitaire, Maât ne vint le visiter que le dernier soir.Le jour de Noël, Matt constata avec plaisir que ses parents s’efforçaient d’être calmes et, pour un peu, il aurait pu croire qu’ils allaient se remettre ensemble.En voyant la pile de cadeaux qu’ils lui avaient offerts, le garçon fut d’abord submergé de joie avant de comprendre qu’ils le gâtaient parce que c’était leur dernier Noël tous les trois.Son sourire mourut sur ses lèvres, avant de revenir devant le dernier paquet, le plus grand.Dès qu’il en aperçut un bout, il sut ce que c’était et explosa de bonheur : l’épée d’Aragorn.— C’est la vraie réplique ! précisa son père fièrement.Pas l’imitation remplie d’air.Celle-là, si tu l’aiguises, c’est une arme véritable ! Alors faudra faire attention, bonhomme.Matt la sortit de son emballage et la brandit devant lui, surpris par son poids : elle était affreusement lourde ! La lame étincelait sous ses yeux, captant les lumières du plafonnier, comme des étoiles elfiques, songea-t-il.Elle était fournie avec un support mural et un étui en cuir et des sangles qui permettaient de la porter dans le dos, comme dans le film.— Merci ! Je sais déjà où je vais la mettre ! fit Matt.J’ai hâte de voir la tête des copains quand je vais la leur montrer !Le lendemain, Matt s’habilla en vitesse et passa dans le salon où son père regardait la chaîne d’information.Le présentateur commentait de terribles images de tempête :« C’est le troisième cyclone en deux mois dans cette région habituellement épargnée, et cela n’est pas sans rappeler la vague de tremblements de terre qui secoue l’Asie.»Une autre journaliste prit la relève :« Oui, Dan, c’est la question qui brûle toutes les lèvres désormais : avec ces saisons qui ne ressemblent plus à ce que nous connaissions et toutes ces catastrophes naturelles qui s’enchaînent depuis quelques années, on peut se demander si la planète n’est pas en train de changer bien plus rapidement que nous ne l’envisagions suite au réchauffement… ».Le père de Matt prit la télécommande et changea de chaîne.Cette fois ce furent des images de soldats patrouillant dans une ville lointaine accompagnées d’une voix monocorde, pas du tout préoccupée par ce qu’elle racontait : « Les troupes armées quadrillent la ville tandis que les conflits continuent de secouer le pays.Rappelons que… ».La chaîne fut remplacée par une autre.Bulletin météo.« Nous invitons les personnes souffrant d’insuffisance respiratoire ou d’asthme à ne pas faire d’efforts car la qualité de l’air sera de 6 aujourd’hui, une mauvaise nouvelle qui ne doit pas nous faire oublier que c’est bientôt le réveillon de la… ».La télé s’éteignit et son père tourna la tête vers Matt.— Tu sors, fiston ?— Je vais voir Tobias et Newton, je vais leur montrer mon épée !— Négatif, tu ne sors pas avec ça, c’est une arme, je te le rappelle, c’est interdit.Si tu veux qu’ils la voient, ils viennent ici.Matt soupira mais acquiesça.— Okay, je la laisse là.Je vais chez Newton, on va essayer sa nouvelle console de jeux.Cinq minutes plus tard, Matt arpentait les rues de l’East Side, engoncé dans son manteau mi-long, une écharpe enroulée autour du cou.Le froid s’était abattu sur la ville sans prévenir, brutalement, en une nuit, comme s’il avait voulu rattraper tout le retard en quelques heures.Il n’était pas neuf heures du matin et, dans les rues entièrement verglacées, les véhicules roulaient au pas.Matt bifurqua au niveau de la 96e Rue, une artère plus calme où une poignée de passants, le nez rivé sur leurs pieds, s’efforçaient de ne pas glisser.Il approchait d’une impasse obscure lorsqu’une lumière bleue en jaillit, avant de disparaître aussi brusquement.L’adolescent ralentit l’allure.Le flash bleu jaillit une fois encore et illumina le trottoir.Une enseigne lumineuse ? Dans cette ruelle ? Matt n’en avait pas le souvenir.Pourtant ça ressemblait à un puissant néon capricieux.Il s’arrêta sur le seuil de la voie sans issue.Étroite, emplie d’ombres.Une langue de béton s’engouffrant entre deux immeubles pour accéder aux containers des poubelles et aux escaliers de secours.Matt s’avança, il avait du mal à distinguer le fond de l’impasse tant la pénombre était dense.Le flash bleu surgit à nouveau et illumina l’arrière d’une benne jusqu’à frôler les fenêtres du premier étage.Matt sursauta.Bon sang ! C’est quoi ça ?Une forme humaine bougea au même endroit mais, de là où il se tenait, Matt ne put en distinguer davantage.À cet instant, un bourdonnement électrique monta dans l’air, avant de se taire.Matt hésita.Devait-il s’assurer que le type n’était pas blessé ou partir en courant ?L’éclair bleu réapparut, cette fois il balaya le sol sans s’élever, léchant le bitume et faisant fondre aussitôt le verglas.Il provenait de la terre, constata Matt, et se déplaçait à la manière d’un câble électrique tranché : des saccades vives.Comme un serpent ! pensa-t-il avec un frisson désagréable.Cette fois, il ne s’éteignit pas aussi vite mais continua à se mouvoir en ondulant.L’éclair se terminait par de petites gerbes d’étincelles bleues ressemblant à des doigts qui effleurèrent des journaux abandonnés.Ces derniers s’enflammèrent immédiatement.Puis, comme s’il venait de trouver ce qu’il cherchait, l’éclair s’immobilisa face à deux containers.Matt entendit alors un gémissement.Quelqu’un avait besoin d’aide.Sans plus réfléchir, il s’élança dans l’impasse.À peine eut-il le temps d’apercevoir des baskets usées qui s’agitaient et un pantalon sale que l’éclair se jetait dessus.Puis, l’éclair disparut avec un claquement sec, laissant sur son passage une fumée épaisse et écœurante – relents d’expériences chimiques comme celles qu’ils pratiquaient en classe.Matt fit un bond en arrière et, le cœur battant, attendit un moment avant d’oser bouger.Lorsqu’il s’approcha enfin de l’endroit où il avait entrevu les jambes, il ne vit que des vêtements entassés.Comme si l’homme s’était volatilisé.Impossible !Pourtant les journaux terminaient de se consumer autour de lui en libérant de timides flammes bleues et jaunes.Tout s’était passé si vite.Se pouvait-il qu’il n’ait pas bien vu.?Non ! Cette fois j’en suis sûr ! C’était bien réel.Un homme a été… englouti par un éclair sorti du sol !Matt recula.— Oh, la vache…, murmura-t-il.Pince-toi, gifle-toi, mais fais quelque chose, se dit-il.Faut pas rester là ! Ce truc pourrait revenir ! Mais aller où ? Rentrer prévenir ses parents ? La police ? Personne ne le croirait.Les copains ! Au début, ils se ficheraient de lui mais il avait confiance, ils finiraient par le croire.Matt entendit un bourdonnement électrique dans le fond de l’allée et il détala sans plus attendre [ Pobierz całość w formacie PDF ]