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.Plus elle avançait, plus le fleuve s’élargissait et, après un brusque crochet, il se dirigeait nettement vers le nord-est.La jeune femme était trop éloignée maintenant pour risquer de rencontrer les chasseurs du clan de Broud.Malgré tout, elle ne voulait pas aller vers l’est : l’est, c’était le retour vers le Clan.Il n’était pas question non plus qu’elle s’installe dans les vastes plaines qui bordaient le fleuve.Il fallait donc qu’elle trouve un moyen de traverser.Excellente nageuse, elle aurait très bien pu franchir le fleuve à la nage.Malheureusement, avec un panier sur la tête, la chose devenait impossible.Que faire ?Elle était assise à l’abri d’un arbre mort dont les branches dénudées traînaient dans l’eau.Le soleil de l’après-midi se reflétait dans le mouvement incessant du courant qui, de temps en temps, charriait quelques débris.Cela lui rappelait le cours d’eau qui coulait près de la caverne.A l’endroit où il se jetait dans la mer intérieure, il regorgeait de saumons et d’esturgeons que le clan pêchait.Ayla allait souvent y nager en dépit des craintes d’Iza.Elle avait toujours su nager bien que personne ne lui ait appris.Je me demande pourquoi les gens du Clan n’aiment pas nager, pensa-t-elle.Ils disaient toujours que pour m’éloigner autant de la rive, il fallait que je ne sois pas comme les autres.Jusqu’au jour où Ona a failli se noyer.Ce jour-là, tout le monde lui avait été reconnaissant d’avoir sauvé la petite fille.Brun l’avait même aidée à sortir de l’eau.Elle avait eu l’impression que les membres du Clan la considéraient enfin comme une des leurs.Le fait que ses jambes ne soient pas arquées, qu’elle soit trop mince et trop grande, qu’elle ait les cheveux blonds, les yeux bleus et un haut front, soudain tout cela n’avait plus eu d’importance.Après qu’elle eut sauvé Ona de la noyade, certains membres du Clan avaient essayé d’apprendre à nager.Mais ils n’y étaient pas vraiment arrivé ils flottaient difficilement et prenaient peur dès qu’ils perdaient pied.Durc pourrait-il apprendre à nager ? se demanda Ayla.Quand il est né, il était moins lourd que les bébés du Clan et il ne sera jamais aussi musclé que la plupart des hommes.Oui, il y a des chances qu’un jour il puisse nager.Mais qui lui apprendra ? Uba l’aime autant que s’il était son propre fils et elle prendra soin de lui mais elle ne sait pas nager.Brun non plus.Il lui apprendra à chasser et le prendra sous sa protection.Il ne laissera pas Broud lui faire du mal.Il me l’a promis au moment de mon départ.Est-ce que Broud est responsable du fait que Durc ait grandi à l’intérieur de mon ventre ? se demanda encore Ayla qui se rappelait en frissonnant comment Broud l’avait forcée.Iza disait que les hommes font ça aux femmes qu’ils aiment mais Broud a agi ainsi parce qu’il savait que je le haïssais.Tout le monde dit que ce sont les esprits des totems qui mettent en route les bébés.Mais aucun homme du Clan ne possédait un totem assez fort pour vaincre mon Lion des Cavernes.Pourtant, ce n’est qu’après avoir été violée par Broud que je suis tombée enceinte.Et tout le monde a été surpris : on pensait que je n’aurais jamais de bébé.J’aimerais bien voir Durc quand il sera devenu adulte.Il était déjà grand pour son âge, comme moi, et il dépassera tous les hommes du Clan, j’en suis sûre.Non ! je n’en sais rien ! Et je ne le saurai jamais ! Jamais je ne reverrai mon fils.Arrête de penser à lui ! s’intima-t-elle en ravalant ses larmes et, quittant l’endroit où elle était assise, elle s’approcha du bord de l’eau.Plongée dans ses pensées, Ayla n’avait pas remarqué le tronc d’arbre fourchu qui flottait tout près de la rive.Quand celui-ci se trouva emprisonné dans l’enchevêtrement des branches mortes qui se déployaient au ras de l’eau, elle lui jeta un coup d’œil indifférent.Il roulait d’un côté et de l’autre pour se libérer, sous le regard absent d’Ayla.Soudain, elle le vit vraiment et découvrit du même coup tout ce qu’elle pouvait en tirer.Elle s’avança dans l’eau et hissa le tronc sur la rive.Il s’agissait de la partie supérieure d’un arbre de belle taille qui avait dû être coupé net par une violente inondation en amont du fleuve et qui n’était pas encore trop imbibé d’eau.Ayla fouilla dans un des replis de son vêtement en peau pour en sortir son coup-de-poing.A l’aide de l’instrument, elle coupa la plus longue des deux branches afin qu’elle ait à peu près la même taille que l’autre, puis elle les élagua toutes les deux.Après avoir jeté un coup d’œil autour d’elle, elle se dirigea vers un bosquet de bouleaux couvert de clématites.Elle tira sur la plante pour en détacher une jeune tige, souple et résistante.Tout en la débarrassant de ses feuilles, elle revint sur ses pas et s’approcha de son chargement.Elle commença par étendre sa tente en peau sur le sol, puis y vida le contenu de son panier.Le moment était venu de dresser l’inventaire de ce qu’elle possédait et de tout ranger à nouveau.Au fond du panier, elle plaça ses jambières, ses moufles en fourrure, ainsi que le vêtement en peau retourné dont elle n’aurait pas besoin avant l’hiver prochain.Où serai-je à ce moment-là ? se demanda-t-elle en marquant un temps d’arrêt.Balayant d’un geste cette question à laquelle elle ne pouvait pas répondre, elle continua son rangement.Mais à nouveau elle s’arrêta à la vue de la couverture en cuir souple dans laquelle elle plaçait Durc, petit, pour le transporter confortablement calé contre sa hanche.Pourquoi l’avait-elle emportée ? Elle n’était pas indispensable à sa survie.Mais elle n’avait pas voulu s’en séparer, elle était comme imprégnée de son fils.Après avoir pressé la peau douce contre sa joue, elle la plia avec soin et la rangea au fond du panier.Par-dessus, elle plaça les bandes en peau absorbante qu’elle utilisait pendant ses règles.Puis elle ajouta sa seconde paire de chausses en peau.Elle marchait maintenant pieds nus et ne se chaussait que quand il faisait froid ou humide.Mais elle se félicitait d’avoir emporté les deux paires car elle en avait déjà usé une [ Pobierz całość w formacie PDF ]